Paris, 20 octobre 2026 – Alors que les entreprises généralisent les usages de l’IA générative, celle-ci ne se contente plus de générer du contenu, elle gagne en capacité d’action autonome. Les intrusions révélées cet été et à la rentrée de septembre, menées par des systèmes d’agents capables à leur propre initiative d’enchaîner des milliers d’actions dans les infrastructures, en sont une illustration concrète.
Dans ce contexte, les derniers résultats du baromètre mensuel « Expleo AI Pulse » prennent une résonance particulière : l’indice, désormais à 63 points, est à son plus bas depuis janvier 2026, illustrant le décalage entre la confiance dans les bénéfices de l’IA et la prise de conscience des risques qu’elle comporte en matière de cybersécurité et de protection des données. Pour les entreprises, la liberté d’usage qui a favorisé l’adoption de l’IA se heurte désormais à une exigence de sécurité : savoir précisément ce que ces systèmes peuvent voir, faire et décider.
Les chiffres à retenir :
- 70 % des dirigeants font confiance à leur organisation pour utiliser l’IA avec succès,
- 48 % estiment que la capacité de leur entreprise à gérer les risques cyber et la protection des données s’est réellement améliorée cette année.
- 61 % expriment une inquiétude directe face aux menaces cyber émergentes liées à l’IA.
- 71 % affirment agir de façon éthique, mais 27 % reconnaissent une dégradation nette de leur capacité à garantir une IA responsable sur le terrain.

Le « shadow AI » se généralise dans l’espace de travail
L’IA s’est rapidement installée dans les entreprises en abaissant les barrières à l’expérimentation. Là où lancer un nouvel usage nécessitait souvent un projet, un budget et plusieurs niveaux de validation, les outils d’IA générative permettent désormais à chacun de tester, produire, automatiser ou analyser depuis son poste de travail.
Une latitude qui séduit les dirigeants français :
- 68 % se disent ainsi enthousiasmés par les opportunités offertes par l’IA ;
- 61 % considèrent qu’elle apporte un bénéfice à leur organisation ;
- 70 % font confiance à leur entreprise pour l’utiliser avec succès.
Cette facilité d’accès modifie aussi la manière dont les usages se développent. Un collaborateur peut, en quelques secondes, glisser un document interne dans un outil d’IA pour l’analyser ou utiliser une application à laquelle il a accordé certaines permissions. L’innovation peut ainsi avancer plus vite que les processus conçus pour l’encadrer.
Mais l’évolution ne concerne plus seulement les usages par les collaborateurs. Jusqu’ici, l’IA était principalement un assistant : elle corrige un message, résume un document, produit une analyse ou formule une recommandation. Les nouveaux systèmes peuvent désormais enchaîner des tâches, interagir avec des applications et agir sur des environnements numériques.
Le passage du contenu généré à l’action exécutée change la nature du risque et interroge la gouvernance de l’entreprise.
Quand l’IA gagne en autonomie, les usages par les collaborateurs changent d’échelle, les risques de cybersécurité aussi.
La cybersécurité devient alors une limite de plus en plus concrète. Quelles données sont confiées à quelle IA, pour quels usages et avec quels accès ? À mesure que les outils se multiplient et que leurs capacités d’action s’étendent, ces choix deviennent indissociables des pratiques quotidiennes des collaborateurs.
- 61 % des dirigeants français se disent préoccupés par les risques cyber posés par l’IA,
- mais seuls 48 % estiment que la capacité de leur organisation à traiter ces risques et à protéger les données s’est améliorée au cours de l’année.

La sécurité des données n’est toutefois qu’une partie du sujet. Lorsque l’IA peut agir, la responsabilité devient elle aussi plus concrète.
- 71 % des dirigeants font confiance à leur organisation pour utiliser l’IA de manière éthique,
- mais seuls 48 % estiment que sa capacité à développer une IA éthique et responsable s’est améliorée au cours de l’année, contre 27 % qui portent un regard négatif sur cette évolution.
L’entreprise de demain devra composer avec le « Shadow AI » et des IA capables d’agir directement dans ses systèmes. La confiance ne suffit plus : à mesure que l’IA gagne en autonomie, l’entreprise doit définir précisément les conditions dans lesquelles elle peut accéder aux données, utiliser des applications ou déclencher des actions.
Il ne s’agit pas de choisir entre performance et cybersécurité, mais de déterminer jusqu’où peut aller la liberté d’usage. L’entreprise de demain sera peut-être plus décentralisée dans ses usages de l’IA, mais elle devra être d’autant plus stricte sur ses frontières de sécurité.
« L’IA nous oblige à repenser le curseur entre performance et cybersécurité. Une entreprise doit laisser ses collaborateurs expérimenter, tester de nouveaux outils et trouver de nouveaux usages de l’IA. C’est même une partie de la transformation. Mais cette délégation de l’usage de l’IA suppose un cadre : dès qu’une IA accède à des données, à des applications ou peut déclencher une action, l’entreprise doit savoir ce qu’elle lui permet de faire et jusqu’où. C’est là que l’expertise devient indispensable », analyse Damien Lasou, Directeur Général d’Expleo en France.
Méthodologie de l’étude
L’indice de confiance « Expleo AI Pulse » mesure le sentiment des dirigeants autour de l’utilisation de l’IA, sur une échelle de 0 (très inquiet) à 100 (très confiant). Cet indice de confiance révèle les niveaux d’inquiétude, d’enthousiasme, de confiance et d’assurance à l’égard de la technologie pilotée par l’IA.
L’indice de confiance de l’intelligence artificielle « Expleo AI Pulse » est mené pour le compte d’Expleo par l’institut Opinium. L’étude, réalisée chaque mois depuis août 2025, recueille les opinions de 800 dirigeants d’entreprises en France, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Irlande.





